Veritas - Les nombres et la Bible
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11-11-2007

 


Un survol des nombres 6, 8, 36, 666

 

 

Dans le symbolisme numérique qui est mis en œuvre dans la Bible, ces nombres 6, 8, 36, 666 sont liés entre eux. Certes, il s’agit d’un lien symbolique, et non toujours d’un lien arithmétique.

• Prenons d’abord le cas du nombre 6  « racine symbolique ».

Le nombre 6 (et ses dérivés) réfère aux 6 jours de la création et à « tout ce qu’elle contient ». C’est à cela que font allusion les proportions bibliques du Temple de Salomon. Tous les temples édifiés par la suite seront toujours, symboliquement, des résumés de la création.

Notons que la maison de Salomon (cf. I Rois 6,2) ou l’arche de Noé (cf. Genèse 6) ne sont pas des temples. Les proportions indiquées dans ces deux cas sont celles de la « proportion dorée » (voir les pages consacrées à ce sujet : Le nombre d'or et Les nombres dans la Bible), mais ne font pas référence aux 6 jours de la création.

Mais le nombre 6 n’est pas toujours considéré en lui-même. Lorsque les apocalyticiens méditeront sur le monde et sur sa fin, ils réfléchirons sur 6 et 7. C’est que 6 réfère à la totalité du monde créé ; tandis que 7 est celui du dernier jour de la grande « semaine » de l’histoire du monde.

A première vue, les dérivés sont le triangulaire (21), le rectangulaire (42) et le carré (36). Mais le triangulaire de 6 est également le gnomon  de la série des nombres figurés dont la racine symbolique est 7.

Il faut ici renvoyer à l’introduction aux nombres dans la Bible. Rappelons que ce gnomon est toujours égal au triangulaire du nombre (entier !) précédent (= Tn-1). En sorte que -dans la série des nombres dont la racine symbolique est 7- le triangulaire de 6 sera le nombre-clé :

7   +   21   =   28 (triangulaire de 7)
28  +  21   =   49 (carré de 7)
49  +  21   =   70 (pentagonal de 7)

Chacun de ces nombres connaît -dans la Bible- des utilisations diverses. 28 en particulier : nombre « parfait » égal à la somme de ses diviseurs (1 + 2 + 4 + 7 + 14 = 28). Mais les nombres figurés suivants (49 et 70) sont également bien connus… .

• 36 : Un carré qui est aussi un triangulaire…  

Rares sont les nombres qui -représentés par des cailloux- forment deux figures : un triangle et un carré. C’est le cas de 36  (le nombre suivant dans ce cas est 1225 !).

De ce point de vue, 36 est un nombre curieux. A la fois carré (de 6) et triangulaire (de 8). Il réfère symboliquement aux 6 jours de la création (et, donc, à la totalité de ce qui existe sur la terre).

8 cependant, réfère au « huitième jour » qui le premier jour de la nouvelle « semaine » de l’histoire du monde. Cette symbolique ancienne est, dans le Nouveau Testament, surtout propre aux écrits johanniques et pétriniens.

Le nombre 8 est ainsi le symbole du monde nouveau, annoncé par le déluge qui est la fin du monde ancien, ainsi que le rappelle l’épître de Pierre :
« Eux, ayant refusé de croire, jadis, lorsque temporisait la patience de Dieu, aux jours de Noé, lequel construisait l’arche dans laquelle peu - c’est à dire 8 personnes - furent sauvés à travers l’eau.»
I Pierre 3,20
« Il n’a pas épargné l’ancien monde, mais il a protégé le huitième (homme), Noé, hérault de justice, …»
II Pierre 2,5

On peut comprendre (ce qu’on fait souvent) : « huit personnes dont Noé ». Mais le « huitième jour » qui vient après une totalité temporelle de 7 est une symbolique courante, héritée d’anciennes pratiques Le « huitième » est la marque du monde nouveau.

« Le huitième jour, l’enfant sera circoncis »
Lévitique 12,3

« Le huitième jour, ils eurent une assemblée solennelle »
II Chroniques 7,9

«… le huitième jour du mois, ils entrèrent dans le vestibule de l’Eternel et mirent huit jours à consacrer la maison de l’Eternel »
II Chroniques 29,17 

L’apparition du ressuscité à l’apôtre Thomas aura lieu, de même, un huitième jour : « Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau dans la maison… » Evangile de Jean 2O,26

C’est là une utilisation qui peut être dite réthorico-symbolique. Elle suppose, en tous cas, une sensibilité à la valeur qualitative du nombre.

• 666 : les crises de la fin  

Dans le langage de l’Apocalypse, les crises de la fin vont être symbolisées par un nombre qui a suscité les explications les plus étonnantes, voire les plus délirantes : 666. C’est un nombre triangulaire (T36 = 666).

Le nombre 36 (= C6 = T8) a une double signification. En tant que carré de 6, il réfère à la totalité de la création qui s’achève. En tant que triangulaire de 8, il réfère au « huitième jour » qui est le premier de la nouvelle semaine. 666 -triangulaire de 36- est ainsi le nombre qui symbolise à la fois le temps des crises de la fin et le commencement difficile d’un monde nouveau :
« C’est ici qu’intervient la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le chiffre de la bête. Car c’est un nombre d’humain : son nombre est 666.» Apocalypse 13,18.

C’est, certes, un nombre d’humain puisque ce n’est pas un nombre de Dieu. De là, de savants efforts pour trouver de quel « homme » il pouvait s’agir. Les solutions proposées ont été nombreuses. Même s’il a fallu pour cela changer 666 en 616 (variante de quelques manuscrits). Au cours de l’histoire, on a y vu Luther  et même Hitler ! Les valeurs numériques des lettres ont permis de faire des calculs jugés, en leur temps, édifiants.

En général, on s’arrête aujourd’hui à l’empereur Néron. Evidemment, cela suppose une seule orthographe  hébraïque  (NRWN QSR : Néron César). Toute autre transcription serait fausse. Mais naturellement, le nom d’un personnage historique peut avoir été visé par l’auteur du texte.

En fait, peu importe le nom de la « bête » qui persécute les justes : chaque époque a le sien. Ce qui est permanent est un nombre jugé significatif - et de racine symbolique 6 et 8, par le biais du nombre 36.

Ces équivalences sont cependant loin d’être claires pour les modernes. La valeur qualitative des nombres et leur utilisation symbolique est souvent devenue étrangère à nos modes de pensée.

Jacques Chopineau, Genappe, 30 juillet 2003  

 


          

 



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11-11-2007, 14:23:11 Jacques Chopineau
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À propos du nombre 12

 

 

• Le rectangulaire de 3

Le nombre 12 (et ses dérivés) est un des nombres souvent utilisés dans les écrits bibliques : 12 fils de Jacob, 12 tribus, 12 apôtres, 12 portes de la Jérusalem céleste… Ce nombre joue un rôle central. Entre parenthèses, le drapeau européen compte également 12 étoiles. Peu de personnes se sont avisées de l’origine lointaine de ce qui peut paraître aujourd’hui comme une bizarrerie…

Du point de vue formel, il s’agit d’un nombre rectangulaire (voir sur ce site : l’introduction aux nombres dans la Bible). C’est le rectangulaire de 3 :

Dans les vieilles représentations, 3 réfère à la réalité verticale (ciel, terre, enfer), ou (variante assyro-babylonienne) : ciel, espace intermédiaire, terre. Tandis que 4 réfère au monde horizontal :la totalité du monde humain (les 4 points cardinaux qui sont les 4 vents de l’esprit).

4 réfère ainsi aux "quatre parties du monde" dans la titulature des souverains assyriens ou, dans la Bible, 4 fleuves qui sortent du Paradis et arrosent toute la terre. Ces deux nombres, composés, donnent 12, celui du monde terrestre orienté vers le ciel. Par addition, 3 + 4 = 7, lequel 7 est le nombre de la totalité

Dans l’usuelle numération sexagésimale des anciens sémites (un héritage sumérien que les akkadiens ont transmis à l’ancien monde sémitique dont les hébreux font partie), 12 est le cinquième de l’unité 60. C’est symboliquement le 1/5 de l’humanité - celle qui est distinguée, mise à part, « sauvée »…

• Les 144.000 élus  

Les nombres figurés de racine symbolique 12 sont beaucoup moins connus : si le triangulaire joue relativement  peu de rôle dans le cas du nombre 12, par contre, le carré (144) est utilisé. Ou plutôt, mille fois le carré; 144.000 désignant le nombre des élus : « Et j’entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau : 144.000, de  toutes les tribus des israélites.» Apocalypse 7,4

Chiffre symbolique qui, pris à la lettre (ce que certains font !), ne signifie rien. Il est clair que la racine symbolique est 12, ainsi que tous alors le comprennent. 12 est la marque de cette partie de l’humanité dont la patrie n’est pas de ce monde (4), mais du ciel (3), tout en ayant "ici-bas" une demeure provisoire (cf Hébreux 11,14-16). 

• Le temple de Salomon  

Mille fois le carré se retrouve ailleurs, dans un contexte très différent puisqu’il s’agit du Temple de Salomon. Le rappel qui suit ne vise qu’à signaler une similitude dans l’emploi de la multiplication par 1.000 (et non sur le nombre 12, évidemment) : « La maison que le roi Salomon bâtit pour le Seigneur avait 60 coudées de longueur, 20 de largeur et 30 coudées de hauteur.» 1 Rois 6,2 
60 x 20 x 30 = 36.000 soit : 62 x 1.000

36.000 coudées cubiques pour le Temple qui - comme tous les temples - doit être un résumé de la création. En 6 « jours » fut créé tout ce qui existe.

Dans cette utilisation qualitative des nombres, le carré exprime l’exaltation, le paroxysme, la culmination de l’idée exprimée par le nombre-racine. La multiplication par le grand nombre 1.000  (ou même 10.000 : voir infra) suggère un achèvement absolu.

Si le nombre-racine symbolique est 12,  les  « 144.000 élus » (mille fois le carré de 12) sont la multitude affectée du chiffre 12 (joignant ciel et terre): la totalité de l’église…

• La pêche miraculeuse  

Notons que la même totalité est suggérée d’une toute autre manière dans un passage de l’Evangile de Jean (ce qui montre que l’utilisation qualitative et symbolique des nombres n’a rien à voir avec une utilisation quantitative et arithmétique des mêmes nombres) : il s’agit du récit de la pêche miraculeuse (Jean 21. Et peu importe ici de savoir quel est l’auteur ou la date de cette tradition, notre souci est de comprendre l’intention du texte : « Simon Pierre monta dans le bateau et tira à terre le filet, plein de 153 gros poissons…» Jean 21,11

Ce nombre 153 a suscité bien des tentatives d’explication, quelques unes sont fantaisistes et parfois délirantes. La réalité paraît cependant simple : ces 153 gros poissons désignent la totalité de l’église.

Quelques anciens (dont St Augustin) avaient bien vu que ce nombre est un triangulaire (153 = T17), mais pourquoi 17 ? Il faut ici faire la figure pour visualiser ce qui est signifié. Soit un grand triangle qui comporte dix-sept lignes. De 1,2,3…. 15,16 17 cailloux.

Première et deuxième lignes (1 + 2) forment un petit triangle de trois cailloux figurant le sommet et la pierre angulaire de l’ensemble.

Les trois lignes suivantes (3 + 4 + 5 = 12) désignent les douze apôtres dépendant de la pierre angulaire et appuyés sur elle. Notons que la mesure des côtés du triangle "cosmique" des pythagoriciens aurait comme mesures ces mêmes nombres : 3 (petit côté), 4 (grand côté) et 5 (hypoténuse). Ces dimensions sont connues empiriquement (en Égypte, par exemple) longtemps avant que Pythagore ne formule son fameux théorème…

Les 12 lignes suivantes (de 6 à 17) figurent la multitude de l’église appuyée sur les 12 apôtres, lesquels se fondent sur la pierre angulaire.

Au total, le triangle compte 153 cailloux, lesquels - dans le récit de Jean 21 - sont 153 « gros poissons ». La figure du grand triangle donne la signification du récit, au delà de la lettre… L’arithmétique n’est ici intéressante que dans la mesure où le symbole est perçu.

Mais rien n’empêche, évidemment,  de lire un texte "au premier degré"…

• Ninive, la grande  

Le livret de Jonas présente un cas de nombre 12 affecté du très grand multiplicateur 10.000 : «… Ninive, la grande ville, où il y a plus de douze myriades d’humains qui ne savent pas distinguer leur gauche de leur droite…» Jonas 4,13

Beaucoup de traductions restituent : 120.000. Le texte original dit cependant « douze myriades » (12 x 10.000), ce qui est arithmétiquement identique, mais symboliquement  tout différent. La grande ville sauvée de la destruction est marquée du chiffre 12.

• Le bateau du Livre des Actes  

Pour en revenir aux nombres figurés, signalons un cas d’hexagonal fourni par un passage du livre des Actes : « Nous étions dans le bateau 276 personnes en tout » Actes 27,37

La racine symbolique est 12 (H12 = 276), ce qui est un nombre bien approprié ici puisqu’il s’agit des passagers destinés à être sauvés. La nef est aussi, dans ce contexte, une figure de l’église.

Il faut évidemment se souvenir de la manière très simple par laquelle on trouve les nombres figurés. Le calcul se fait de tête tant il est facile, pour autant qu’on sache ce qu’il convient d’additionner. Le nombre-racine 12 a pour triangulaire 78, pour carré 144, pour pentagonal 210 et pour hexagonal 276. Le gnomon de la série est ici 66 (= T11), soit le triangulaire du nombre précédent (Tn-1).

Ce qui est clair est que ce qui est signifié par le nombre 12 est symboliquement important, même si une signification identique est indiquée par un nombre différent. L’exactitude symbolique pèse ici d’un poids plus lourd qu’une exactitude arithmétique.

Jacques Chopineau, Genappe, le 26 juillet 2003  

 


          

 



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11-11-2007, 14:16:28 Jacques Chopineau
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